L’UFHB et l’Université d’Harvard mutualisent leurs efforts pour bâtir des territoires côtiers résilients
Chercheurs, universitaires, représentants de l’administration publique et partenaires du développement se sont réunis ce mercredi 24 juin 2026, à l’amphithéâtre Adama DIAWARA de l’Université Félix Houphouët-Boigny (UFHB), pour porter la réflexion sur la résilience des territoires côtiers et les perspectives d’une agriculture durable, face à l’intensification des dérèglements climatiques qui compromettent progressivement les équilibres écologiques, économiques et sociaux des zones littorales ouest-africaines.
Placée sous le thème « Changement climatique, résilience des territoires côtiers et agriculture durable dans le golfe de Guinée », cette rencontre scientifique s’inscrit dans le cadre d’un programme régional de recherche conduit sur trois ans par l’Institut Salata pour le Climat et la Durabilité de l’Université Harvard, en collaboration avec l’Unité de Formation et de Recherche Sciences Économiques et de Gestion (UFR SEG) de l’UFHB.
Elle a donné lieu à de riches communications scientifiques, à des panels thématiques et à des échanges interactifs entre spécialistes de diverses disciplines. Les travaux ont permis de présenter les résultats de plusieurs études portant sur la vulnérabilité des territoires côtiers, les stratégies d’adaptation au changement climatique, la sécurité alimentaire, ainsi que les perspectives de développement d’une agriculture durable adaptée aux réalités environnementales de la sous-région.
Déployé dans plusieurs pays riverains du golfe de Guinée, ce projet vise à produire des connaissances scientifiques susceptibles de nourrir les décisions publiques et de renforcer la capacité d’adaptation des populations face aux risques climatiques. Véritable marathon scientifique, le programme de restitution a débuté le 22 juin 2026 au Ghana, avant son escale ivoirienne du 24 juin. Il se poursuivra les 25 et 26 juin au Nigeria, illustrant la dimension transfrontalière et intégratrice de cette activité de recherche.
Présidant l’ouverture des travaux au nom du ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abou BAMBA, Professeur Georges KOUADIO a souligné l’importance des résultats issus de cette recherche régionale. Il a relevé que des phénomènes tels que l’érosion côtière, l’élévation du niveau marin et la multiplication des perturbations environnementales ne constituent plus de simples projections scientifiques, mais des réalités tangibles qui affectent déjà les modes de vie, les activités économiques et la sécurité des populations littorales.
Il a en outre indiqué que les données issues de ces travaux offrent aux pouvoirs publics des instruments essentiels d’aide à la décision, tout en insistant sur la nécessité d’approfondir la collaboration entre chercheurs et décideurs afin de promouvoir des politiques environnementales fondées sur des preuves scientifiques, tenant compte des réalités socioéconomiques propres aux territoires concernés.
Le président du comité d’organisation, Professeur Tité BEKE, a pour sa part rendu hommage aux institutions académiques et gouvernementales qui ont accompagné le projet depuis son lancement.
Au nom du président de l’UFHB, Professeur BALLO Zié, le Vice-président chargé de la Pédagogie et de la Vie universitaire, Professeur Vincent MONSAN, s’est réjoui de la qualité du partenariat noué avec l’Institut Salata pour le Climat et la Durabilité de l’Université Harvard. Il a présenté cette coopération comme une illustration de la valeur des alliances scientifiques internationales dans la production de savoirs utiles au développement durable. Selon lui, les espaces côtiers du golfe de Guinée, véritables pôles d’activités économiques et de croissance, demeurent également parmi les zones les plus exposées aux conséquences du changement climatique. « Les espaces côtiers le long du golfe de Guinée offrent autant d’opportunités de croissance bleue et d’emplois que de défis à relever. Il est donc impératif de s’adapter et de protéger nos ressources côtières face aux pressions croissantes », a-t-il soutenu.
Le responsable universitaire a ainsi appelé à une mobilisation collective associant chercheurs, gouvernements, collectivités territoriales, organisations de développement et communautés locales, afin de promouvoir une gouvernance environnementale participative conciliant impératifs écologiques et ambitions économiques. « La complexité du phénomène exige le concours de tous dans une approche concertée de construction de nos territoires côtiers. L’expertise des scientifiques, les concertations avec les décideurs politiques, les consultations des communautés et de toutes les parties prenantes ici présentes sont essentielles à la prise de décisions éclairées sur les politiques de gestion des espaces marins et côtiers », a-t-il conclu.
