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3e Journée scientifique du CERCOM et du LSCAC

Chercheurs et professionnels interrogent la responsabilité journalistique dans le cycle électoral ivoirien

À chaque cycle électoral, les médias ivoiriens se retrouvent au centre d’une équation délicate : informer sans enflammer, analyser sans influencer, relayer sans déformer. Une véritable responsabilité, que chercheurs et professionnels ont choisi de questionner sans complaisance à l’Université Félix Houphouët-Boigny (UFHB).

C’est dans cette perspective que la salle préfabriquée du Département de Communication de l’Unité de Formation et de Recherche Information, Communication et Arts (UFRICA) de l’Université Félix Houphouët-Boigny (UFHB) a abrité ce mercredi 21 janvier 2026, la 3ᵉ Journée scientifique conjointe du Centre de Recherche en Communication (CERCOM) et du Laboratoire des Sciences de la Communication, de l’Analyse du Discours et de la Culture (LSCAC). À travers cette initiative, le CERCOM et le LSCAC entendent contribuer durablement à la consolidation de la démocratie ivoirienne par une réflexion scientifique rigoureuse sur le rôle avant-gardiste des médias.

Placée sous le thème « Journalisme et élections en Côte d’Ivoire : entre fabrication de l’opinion publique et perturbation du cycle électoral », la rencontre a réuni chercheurs, enseignants-chercheurs, professionnels des médias et étudiants autour d’une réflexion approfondie sur les interactions entre pratiques journalistiques et dynamiques électorales.

Les échanges ont été structurés autour de quatre axes majeurs : la responsabilité sociale du journalisme électoral, le traitement discursif des élections par les médias, les cadres institutionnels de régulation du champ médiatique, ainsi que l’impact des nouveaux médias sur le journalisme politique. Autant de thématiques qui ont mis en lumière les défis éthiques et professionnels auxquels sont confrontés les médias dans un contexte politique souvent marqué par la polarisation.

Dans son allocution d’ouverture, Dr (MC) BAMBA Sidiki, Directeur du CERCOM, a insisté sur la nécessité d’une approche collective et réflexive de la pratique journalistique, appelant à une amélioration continue des acteurs afin de réduire la violence politique. « On va la faire ensemble et je crois qu’à un moment donné, chacun comprendra qu’il faut vraiment s’améliorer pour ôter la violence de la politique » a-t-il déclaré, suggérant que les dérives médiatiques participent parfois à l’exacerbation des conflits.

Même exigence de rigueur dans l’intervention du Professeur KAMATE Banhouman André, Directeur de l’UFRICA, qui a rappelé que le débat intellectuel ne saurait céder à la logique de l’affrontement. Une invitation à repenser la culture du débat public, souvent transposé sans filtre dans l’espace médiatique. « Je nous invite à des échanges fraternels, à des échanges cordiaux. Dans un débat intellectuel, ce qui compte, ce n’est pas l’argument de la force, mais l’argument des idées », a-t-il exprimé.

La journée a été enrichie par le témoignage de Georges Wenceslas ABOKE, ancien Directeur Général de la Radio-Télévision Ivoirienne (RTI), qui a offert un contrepoint pragmatique, mettant en évidence les pressions politiques, économiques et sociales qui pèsent sur les rédactions en période électorale, parfois au détriment des principes déontologiques.

En interrogeant les pratiques journalistiques à l’aune des exigences scientifiques, cette Journée confirme le rôle central de l’institution universitaire de Cocody comme laboratoire de réflexion critique au service de la démocratie et de la paix sociale.